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Comme Raspoutine


Comme Raspoutine

Depuis l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo, les années passent et se ressemblent en Côte d’Ivoire: les tentatives avortées de putsch succèdent aux manœuvres infructueuses de déstabilisation des institutions républicaines. Les rumeurs de coup d’Etat font désormais partie du vécu des Ivoiriens à telle enseigne qu’elles n’émeuvent presque plus personne. Cependant, comme le disait la réclame, “tôle, c’est pas tôle”. Autrement dit: les situations ne sont pas toujours les mêmes. Car, si, jusqu’à maintenant, ce sont des soldats déserteurs de l’armée ivoirienne qui ont mené les campagnes subversives au profit de commanditaires tapis dans l’ombre, la dernière opération en date sort de l’ordinaire. Par son caractère à la fois loufoque, machinal et démoniaque. Elle n’implique, pour l’instant, que des civils. L’idée de balayer la deuxième République, à la date du 13 février dernier, a fait son chemin depuis qu’un homme de Dieu, après un songe, selon des témoignages concordants, a convaincu un de ses fidèles qu’il a un destin national. Arrêtées et inculpées pour le délit d’atteinte à la sûreté de l’Etat, quatre personnes ont été déférées, le 20 février, à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. Il s’agit de Togba Bonaventure, le principal accusé - un homme d’affaires jusque-là sans histoire - et ses co-accusés: Me Alexandre Ayié Ayié, enseignant à l’université d’Abidjan-Cocody et avocat, Guéi Paul, ancien membre du bureau de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), et Emmanuel Boué, pasteur de l’église Holy Church. Un élément vidéo constitue la preuve accablante et irréfutable du délit. Dans cet enregistrement, le principal accusé prononce un discours de prise du pouvoir dans lequel il présente ses condoléances à la nation pour la mort de Laurent Gbagbo. “Boué Emmanuel disait à l’église Holy Church que Dieu avait vomi le Président Gbagbo et que le prochain Président de la République sortirait de son église en la personne de Togba Bonaventure”, révèle Mme Guénaman Rachelle, épouse du suspect numéro 1 de la tentative avortée de coup d’Etat et fidèle de l’église (Cf. Soir Info n°4.050 du 3 mars 2008). Autant cette version du putsch annoncé urbi et orbi est sujette à caution, autant il faut s’inquiéter du méprisable machiavélisme et de l’incroyable crédulité qui ont entouré cette scabreuse affaire pour laquelle d’honorables citoyens encourent une vingtaine d’années de prison. “Boué avait emprisonné l’âme et l’esprit de mon mari”, poursuit Mme Togba. Pour elle, il n’y a aucun doute. L’élément vidéo, dans lequel son époux fait sa déclaration solennelle de prise du pouvoir, est “parti du fait que le pasteur Boué Emmanuel a fait croire à Togba qu’il lui fallait, pour devenir Président de la République, un élément filmé sur lequel devait prier l’homme de Dieu afin que ce qui n’existe pas arrive à l’existence”. “Boué a donc demandé à mon époux de faire un discours d’intronisation sur un support informatique, c’est-à-dire un CD. Et le pasteur de laisser croire que le jour où les anges allaient soulever Togba pour l’emmener à la Présidence, c’est ce CD-là qu’il allait donner à la télévision nationale pour diffusion”, conclut-elle pour relever le rôle satanique qu’aurait joué l’homme de Dieu dans la conspiration foirée (Cf. Soir Info sus-cité). Ce témoignage, terrible et pathétique, illustre le désastre ivoirien. Dans un pays à la dérive où le taux de chômage ne cesse de croître, où la misère est galopante et où personne ou presque ne sait à quel saint se vouer, parce que l’horizon est bouché, les populations sont des proies faciles aux mains des mystificateurs de tout acabit. Surtout que la crise militaro-politique a amplifié, à l’excès, la décadence morale et la déchéance spirituelle en Côte d’Ivoire. Il n’y a pas si longtemps, une affaire de “djinamori”* des temps modernes a défrayé la chronique. Des milliers de souscripteurs, bernés par des escrocs notoires, ont hypothéqué et perdu toutes leurs économies dans d’obscures maisons de placement d’argent. Maintenant, ce sont des hommes de Dieu qui sont au devant de l’actualité. En effet, à l’instar du multipartisme intégral qui fait que nous avons plus de 145 partis politiques, dont la quasi-totalité sont aussi moribonds les uns que les autres, la liberté de culte est une réalité sous nos cieux. Comme les cent fleurs, les églises fleurissent en Côte d’Ivoire. Elles sont de toutes les couleurs et de toutes les qualités. Certaines essaient de se mettre à la disposition de Dieu et de suivre son enseignement. D’autres, en revanche, se servent des paroles saintes comme paravent pour mieux s’emparer de l’âme et de la volonté de leurs fidèles. Elles parviennent ainsi, par des tours de passe-passe, à les robotiser et obtenir tout d’eux, y compris l’impensable et l’incroyable. Ainsi, un pasteur a pris la tangente à Agboville après avoir conduit à la mort un fidèle malade qu’il a soumis à un jeûne sec. L’artiste chanteuse Joëlle C. a trouvé un refuge illusoire chez un autre. Elle ne fuyait pas seulement, comme la peste, ses parents que cet homme de Dieu accusait de sorcellerie; elle a été privée de traitements médicaux sérieux. De prière en prière, elle n’a été admise dans un centre de santé que quand elle était à l’article de la mort. Elle est passée de vie à trépas, le 14 février dernier, quelque deux heures après son admission dans une clinique de la place. Togba Bonaventure aurait abandonné femme et enfants pour bâtir une nouvelle famille parce que “Boué a dit à mon mari que s’il ne se séparait pas de moi, il ne pourrait pas arriver à la Présidence de la République”, révèle Mme Togba.
Tous ces faits, avérés ou supposés, montrent l’influence néfaste et négative qu’exercent des hommes de Dieu sur des esprits faciles et fragiles. Ces pasteurs sans foi ni loi, sont des diables... sacrés. Comme Raspoutine. Encore que certains pasteurs ivoiriens sont davantage des bonimenteurs que des faiseurs de miracles. A la différence de l’aventurier doué, originaire de la Sibérie, qui, devenu un mythe, est entré dans la légende en Russie. Grigori Iefimovitch Raspoutine (1869-1916) a, en effet, marqué l’histoire russe. Ce staretz, titre donné en Russie à des mystiques, laïcs ou religieux, que l’on venait consulter, avait le don de prophétie. Il a alors subjugué tout le monde, y compris la famille impériale quand il réussit, par des prières, à enrayer la crise d’hémophilie du tsarévitch Alexis, fils du tsar Nicolas II, l’héritier mâle du trône impérial dont il avait prévu la naissance. Grâce à son don de guérison, son regard hypnotique et son aura, Raspoutine a exercé de l’ascendant sur le couple impérial. Devenu conseiller privé du tsar, il était le personnage le plus important de la Russie à qui plus rien n’échappait. A la fois craint et détesté pour sa vie de débauche, il est mort, assassiné, dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916.
Avant cette épreuve, Raspoutine avait fait cette prédiction au Tsar: “Je mourrai dans des souffrances atroces. Après ma mort, mon corps n’aura point de repos. Puis tu perdras ta couronne. Toi et ton fils, vous serez massacrés ainsi que toute la famille. Après, le déluge terrible passera sur la Russie. Et elle tombera entre les mains du Diable”. Comme il l’avait prédit, la révolution bolchevique, conduite par Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine, emporta la dynastie des Romanov. Le tsar Nicolas II abdiqua en mars 1917. Toute la famille fut ensuite massacrée dans la soirée du 17 juillet 1918. Quant au corps de Raspoutine, il fut exhumé et brûlé, le 22 mars 1917.
En Côte d’Ivoire, le pasteur Boué avait tout prévu et prédit. Sauf… l’arrestation.



Ferro M. Bally

Jean Marc Simon (ambassadeur de France en Côte d`Ivoire) sur Rfi, hier : “Dès que la sortie de crise sera effective, une relation normale s`établira entre la France et la Côte d`Ivoire”
Jean Marc Simon (ambassadeur de France en Côte d`Ivoire) sur Rfi, hier : “Dès que la sortie de crise sera effective, une relation normale s`établira entre la France et la Côte d`Ivoire”

Lavoici.news:
mercredi 1 septembre 2010

L`ambassadeur de France en Côte d`Ivoire, Jean Marc Simon, était l`invité de Rfi hier soir. Le retour en Côte d`Ivoire des Français pourchassés par les partisans de l`actuel chef de l`Etat en 2004, la qualité des relations entre les deux pays, sont les sujets sur lesquels le diplomate français a été interrogé, cela, à la faveur de la réouverture, hier, de l`école Jacques Prévert réhabilitée par l`Etat ivoirien.


Est-ce que la réouverture de l`école Jacques Prévert symbolise quelque part le retour de la communauté française en Côte d`Ivoire ?


Comme vous savez, beaucoup de Français sont revenus depuis les évènements de 2004. Nous avons actuellement une communauté qui est de 13000 ressortissants dont à peu près la moitié sont des doubles nationaux qui, eux, n`étaient pas partis. Les effectifs qu`on a connus dans le passé ne sont pas encore tous revenus. Mais il y a tout de même une communauté française importante en Côte d`Ivoire. Donc, il est important de scolariser ces enfants. Et puis au-delà des enfants des ressortissants français, il y aussi tout cet aspect de la coopération. Puisque dans un établissement homologué, il y a autant de Français que d`Ivoiriens et des nationalités tierces. Il y a à peu près trois tiers grosso modo. Ce sont des établissements qui se veulent des établissements d`excellence et qui le sont. Et qui peuvent apporter aussi un appui pédagogique aux autres établissements de la place...






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Le président Laurent Gbagbo en visite d’Etat dans la région de l’Agneby , à Agboville , du 2 au 4 septembre 2010


 



Organe officiel de régulation du secteur audiovisuel en Côte d'Ivoire






Présidentielle du 31 Octobre 2010

jeudi 02 Septembre 2010

La commission électorale indépendante (CEI) a défini le chronogramme devrant conduire à la tenue des élections , le 31 octobre prochain.

 

Si certains le juge utopique ,d’autres pensent que ce chronogramme peut tenir la route.

 

Quel sens donnez-vous à cet énième chronogramme de la CEI ?  

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